Je vais tout vous dire

journaliste se confessant sur SimpleJournalisteTout vous dire autant sur ce qu’il se passe dans mon journal (et dans les autres parfois), parfait miroir de la société en général, que dans la petite tête de ses hiérarques aux abois, ou dans la mienne, grosse de tant de rage et d’humanisme mêlés, exaspérée par leur lâcheté et leur manque d’idées, parfois surprise par leur intuition de fauve ou de serpent.
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« Être gay, entraîneur de foot et vivre en banlieue a été un choc et une torture pour moi ».

Entraîneur et gay
Brahim Nait-Balk

Être différent, que ce soit sexuellement ou autrement, peut devenir un véritable cauchemar… La loi de la meute, toujours prête à vous mordre. Le foot – majoritairement homophobe – en est un excellent (c’est-à-dire exécrable) exemple… Je suis tombé sur cet article édifiant du Huff Post qui l’illustre parfaitement : l’histoire de Brahim Nait-Balk, lequel ne voulait pourtant ni choquer ni emmerder personne, entraîneur de football et gay, deux choses qui malheureusement ne font pas du tout bon ménage. Ajoutez-y la banlieue pour cadre, et vous avez la totale.
Brahim, ou le courage et la galère…

https://www.huffingtonpost.fr/brahim-nait-balk/etre-gay-entraineur-de-football-et-vivre-en-banlieue-de-seine-saint-denis-a-ete-un-choc-et-une-torture-pour-moi_a_23432629/

Journaliste : les exaspérants travers du métier

Certains travers de mes confrères ou consoeurs journalistes – notamment dans l’audiovisuel – m’exaspèrent. A peine reçoivent-il un invité, politique a fortiori, que leur Laurence Ferrariseule et unique obsession semble être, non pas de comprendre ce qu’il pense ou propose, mais de le mettre dès que possible en opposition avec tel ou tel autre responsable ou parti, ou tel ou tel concurrent – avéré ou supposé – de son propre camp, de dégotter urgemment un sujet de mésentente ou de bisbille, etc. Un peu, ok… Mais à ce point-là, ça devient ridicule et même : pitoyable. Car cela ne relève plus du tout du débat démocratique que le journalisme doit alimenter ou susciter, mais de l’obsession de la petite phrase et du seul souci d’alimenter les jeux du cirque, dont le ou la journaliste en question ne sont que les animateurs zélés.

Ainsi ce dimanche matin sur Europe 1, où l’invité du « Grand rendez-vous » était Xavier Bertrand, ancien Sarkozy boy en rupture de LR/UMP et actuellement président de la région Hauts de France, interrogé par Laurence Ferrari de CNews et Nicolas Barré des Echos. Ferrari n’a eu deXavier Bertrand cesse, de façon plus ou moins insidieuse, chaussée le plus souvent de gros sabots, que de le pousser à critiquer le gouvernement (qu’à la différence des énervés de LR il est supposé considérer avec une certaine modération) au lendemain de l’attentat au poignard près de l’Opéra, puis critiquer Macron sur tel ou tel aspect de sa politique, etc. A ce point-là, ça en devenait consternant. Elle y revenait constamment, titillant le bonhomme dans le seul et unique but de l’anti-macroniser, de l’opposer frontalement au pouvoir en place, et semble-t-il jamais pour aborder le fond des choses. Le Bertrand, gros malin que personnellement j’apprécie peu, mais qui comparativement à Wauquiez ou autres droitiers caricaturaux semble Jésus descendu sur terre et démocrate bon teint, s’en est très bien tiré, évitant chaque fois les gros pièges de Laulau, et répondant avec mesure. Faisant même des propositions de bon sens, bien étayées et plutôt intéressante, mais qui manifestement n’intéressaient pas la Ferrari, dont le moteur ne vrombissait que pour suciter les mesquines querelles habituelles. Lire la suite « Journaliste : les exaspérants travers du métier »

Comme on nous parle!

Pour Le Moigazine, from Fotolia
Journalisme : une hiérarchie méprisante

T’as vu comme on nous parle? chantait Souchon dans Foule sentimentale
Eh bien, ça n’a pas changé. A empiré, même.
Dans un contexte de crise des médias, la hiérarchie se lâche maintenant totalement, laissant libre cours à ses penchants féodaux.
Au mépris de toute convention ou législation, je n’ose même pas parler de correction, les pigistes – réguliers ou pas – sont ouvertement traités comme de la piétaille, de plus en plus corvéables et interchangeables à merci, « … et si t’es pas content tu vas voir ailleurs !« .
On n’est ni prévenus, ni même briefés correctement après coup sur les changements intervenant souvent brutalement dans les propres pages ou rubriques que l’on traite habituellement, nous trouvant du jour au lendemain amputés d’une ou deux pages sans la moindre explication, au profit d’un(e) autre pigiste tout content de débarquer dans les colonnes et sans le moindre état d’âme déontologique – la chère hiérarchie mettant impitoyablement en concurrence sauvage des gens qui ont en bonne partie les mêmes intérêts, mais les divisant pour mieux régner sur leurs futurs cadavres et celui du journal.
Amen.

Jeunes médias pour journalistes aguerris : la crème de la crème

Lorsqu’on imagine les médias nés des opportunités qu’offre Internet, on songe généralement à des objets jeunes, sexy, légers… Les publications dont nous parlons aujourd’hui sont jeunes, mais elles sont portées par des journalistes aguerris, retraités pour certains. Toutes font le pari d’une qualité extrême, privilégiant la recherche, l’expertise académique, aux méthodes journalistiques traditionnelles. Nos invités sont…

via Entre journalisme et recherche: l’émergence de médias intermédiaires — Atelier des médias

Note de frais ? Tu rigoles ?

poches_vides_okInterviewer une star de la culture et des médias, en tant que pigiste certes capé – mais surpressurisé et sous-payé – et s’inquiéter du remboursement des frais. Car à cet endroit – un palace de l’avenue George V choisi par la star en question comme lieu de rendez-vous – un ou deux verres peuvent te mettre sur la paille (pratique pour les boire)… Et savoir que si notre star veut autre chose qu’un soda, c’est la plonge assurée pour moi si le journal pinaille…
Réponse du rédacteur en chef de ce journal qui a pourtant pignon doré sur rue : ‘Non, tu te débrouilles. Pas de note de frais. Tu fais au mieux‘.  Traduction : tu te fais inviter, ou tu raques de ta poche.
Bref : l’humiliation ou la ruine.
J’ai choisi d’éviter l’humiliation. Coût : 50 euros (deux cocktails).
De ma poche – ça n’a pas fait un pli.
Les oligarques souriants de la rédac’ vont sûrement me faire payer bientôt une cote-part de leurs propres gueuletons dans des restaus étoilés, là où se terminent habituellement leurs « séminaires stratégiques de réoriention ». Je lis ça sur leurs visages, je vois déjà leurs lèvres sèches s’entrouvrir pour me le demander…

La prime aux gentils ? Tu parles.

Les babouins les plus gentils, comme les humains, seraient ceux qui s’en tirent le mieux dans la vie.*
Hum.
Doit y avoir un bug dans l’expérience. Ou alors, je ferais partie des méchants ???

*A lire quand même :
http://www.futura-sciences.com/sante/actualites/biologie-babouins-plus-gentils-sortent-mieux-vie-41627/#xtor=RSS-8

Collègues chiants, K.G. Jung et moi

Plus il y a d’informations à gérer – c’est aujourd’hui le cas – dans notre travail ou notre vie personnelle, plus les mécanique mémorielle et affective sont sollicitées, et plus nos failles personnelles peuvent perturber la réception et le stockage de ces infos. Pour parler simple : ce n’est jamais un luxe de faire un peu de ménage dans ce bordel…

CJ JungQue ce soit pour mieux comprendre les autres (collègues de boulot, proches, ou concitoyens dont on chronique souvent les vies sociales ou individuelles), ou soi-même dont le comportement nous échappe aussi, ne crachons pas sur l’acquisition de bases minimum dans le domaine de la psychologie, des neurosciences, de la philo. Vaste programme me direz-vous, et quand on travaille dans un journal (ou ailleurs), on a autre chose à faire ! Eh bien non. Justement. Rien de plus urgent que de se donner les moyens de comprendre – soi-même et les autres.

Cette nécessité m’obsédait ces derniers jours, en conférence de rédaction, où je nous voyais tous nous agiter et pérorer, chacun avec les mêmes tics que toujours, les mêmes réflexes, les mêmes lignes de réflexion ou de déni – les vies du journal, celle de la société, et la nôtre propre n’ayant en rien infléchi, élargi ou amélioré notre manière de penser et de réagir, ni notre faculté d’ouverture aux autres.

Alors bien sûr, j’avais lu quelques livres de Freud durant mes études, consommé quelques philosophes pour mes examens, jeté quelques coups d’oeil sur quelques revues ou sites de psychologie, également réfléchi à quelques questions de fond dans ces domaines, mais de façon éparse, et tout s’est plus ou moins dissipé dans les brumes du passé et le flux submergeant de la vie quotidienne. Quel gâchis, quel manque. Dans ces domaines fondateurs, essentiels, tout honnête homme, toute honnête femme, ne devrait jamais lâcher l’affaire. Ne jamais se contenter de son « instinct », souvent utile, mais en fait limité s’il n’est pas nourri par ce genre de connaissance et d’outil de compréhension – car si l’instinct n’est pas nourri par le cerveau, par quoi le serait-il ?

KarlJungEn sortant du journal et de cette conférence de rédaction foireuse, j’ai donc fait un crochet par la Fnac la plus proche, et sans même réfléchir, dans mon avidité boy-scout de rattrapage du temps perdu, acheté un livre d’un penseur que j’avais toujours voulu découvrir au-delà des généralités habituelles qu’on connaît sur lui, mais dont je n’avais toujours pas parcouru la moindre ligne : Karl Gustav Jung, défenseur de Freud et de la psychanalyse à ses débuts, puis promoteur de la psychologie analytique. Celui aussi qui a pondu cette phrase marquante (j’étale ma science qui date de ce matin) : L’âme, c’est cette moitié du monde qui n’existe que si l’on en prend conscience. Mais à part une vague notion d’inconscient collectif, je ne savais à peu près rien de lui. Il était temps d’entrer dans le vif du sujet, et de m’engager sur la voie de la compréhension de soi. Juste pour que moi et les autres emmerdent moins Moi…