Collègues chiants, K.G. Jung et moi

Plus il y a d’informations à gérer – c’est aujourd’hui le cas – dans notre travail ou notre vie personnelle, plus les mécanique mémorielle et affective sont sollicitées, et plus nos failles personnelles peuvent perturber la réception et le stockage de ces infos. Pour parler simple : ce n’est jamais un luxe de faire un peu de ménage dans ce bordel…

CJ JungQue ce soit pour mieux comprendre les autres (collègues de boulot, proches, ou concitoyens dont on chronique souvent les vies sociales ou individuelles), ou soi-même dont le comportement nous échappe aussi, ne crachons pas sur l’acquisition de bases minimum dans le domaine de la psychologie, des neurosciences, de la philo. Vaste programme me direz-vous, et quand on travaille dans un journal (ou ailleurs), on a autre chose à faire ! Eh bien non. Justement. Rien de plus urgent que de se donner les moyens de comprendre – soi-même et les autres.

Cette nécessité m’obsédait ces derniers jours, en conférence de rédaction, où je nous voyais tous nous agiter et pérorer, chacun avec les mêmes tics que toujours, les mêmes réflexes, les mêmes lignes de réflexion ou de déni – les vies du journal, celle de la société, et la nôtre propre n’ayant en rien infléchi, élargi ou amélioré notre manière de penser et de réagir, ni notre faculté d’ouverture aux autres.

Alors bien sûr, j’avais lu quelques livres de Freud durant mes études, consommé quelques philosophes pour mes examens, jeté quelques coups d’oeil sur quelques revues ou sites de psychologie, également réfléchi à quelques questions de fond dans ces domaines, mais de façon éparse, et tout s’est plus ou moins dissipé dans les brumes du passé et le flux submergeant de la vie quotidienne. Quel gâchis, quel manque. Dans ces domaines fondateurs, essentiels, tout honnête homme, toute honnête femme, ne devrait jamais lâcher l’affaire. Ne jamais se contenter de son « instinct », souvent utile, mais en fait limité s’il n’est pas nourri par ce genre de connaissance et d’outil de compréhension – car si l’instinct n’est pas nourri par le cerveau, par quoi le serait-il ?

KarlJungEn sortant du journal et de cette conférence de rédaction foireuse, j’ai donc fait un crochet par la Fnac la plus proche, et sans même réfléchir, dans mon avidité boy-scout de rattrapage du temps perdu, acheté un livre d’un penseur que j’avais toujours voulu découvrir au-delà des généralités habituelles qu’on connaît sur lui, mais dont je n’avais toujours pas parcouru la moindre ligne : Karl Gustav Jung, défenseur de Freud et de la psychanalyse à ses débuts, puis promoteur de la psychologie analytique. Celui aussi qui a pondu cette phrase marquante (j’étale ma science qui date de ce matin) : L’âme, c’est cette moitié du monde qui n’existe que si l’on en prend conscience. Mais à part une vague notion d’inconscient collectif, je ne savais à peu près rien de lui. Il était temps d’entrer dans le vif du sujet, et de m’engager sur la voie de la compréhension de soi. Juste pour que moi et les autres emmerdent moins Moi…

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