Comme on nous parle!

Pour Le Moigazine, from Fotolia
Journalisme : une hiérarchie méprisante

T’as vu comme on nous parle? chantait Souchon dans Foule sentimentale
Eh bien, ça n’a pas changé. A empiré, même.
Dans un contexte de crise des médias, la hiérarchie se lâche maintenant totalement, laissant libre cours à ses penchants féodaux.
Au mépris de toute convention ou législation, je n’ose même pas parler de correction, les pigistes – réguliers ou pas – sont ouvertement traités comme de la piétaille, de plus en plus corvéables et interchangeables à merci, « … et si t’es pas content tu vas voir ailleurs !« .
On n’est ni prévenus, ni même briefés correctement après coup sur les changements intervenant souvent brutalement dans les propres pages ou rubriques que l’on traite habituellement, nous trouvant du jour au lendemain amputés d’une ou deux pages sans la moindre explication, au profit d’un(e) autre pigiste tout content de débarquer dans les colonnes et sans le moindre état d’âme déontologique – la chère hiérarchie mettant impitoyablement en concurrence sauvage des gens qui ont en bonne partie les mêmes intérêts, mais les divisant pour mieux régner sur leurs futurs cadavres et celui du journal.
Amen.

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Note de frais ? Tu rigoles ?

poches_vides_okInterviewer une star de la culture et des médias, en tant que pigiste certes capé – mais surpressurisé et sous-payé – et s’inquiéter du remboursement des frais. Car à cet endroit – un palace de l’avenue George V choisi par la star en question comme lieu de rendez-vous – un ou deux verres peuvent te mettre sur la paille (pratique pour les boire)… Et savoir que si notre star veut autre chose qu’un soda, c’est la plonge assurée pour moi si le journal pinaille…
Réponse du rédacteur en chef de ce journal qui a pourtant pignon doré sur rue : ‘Non, tu te débrouilles. Pas de note de frais. Tu fais au mieux‘.  Traduction : tu te fais inviter, ou tu raques de ta poche.
Bref : l’humiliation ou la ruine.
J’ai choisi d’éviter l’humiliation. Coût : 50 euros (deux cocktails).
De ma poche – ça n’a pas fait un pli.
Les oligarques souriants de la rédac’ vont sûrement me faire payer bientôt une cote-part de leurs propres gueuletons dans des restaus étoilés, là où se terminent habituellement leurs « séminaires stratégiques de réoriention ». Je lis ça sur leurs visages, je vois déjà leurs lèvres sèches s’entrouvrir pour me le demander…

Je vais tout vous dire

journaliste se confessant sur SimpleJournalisteTout vous dire autant sur ce qu’il se passe dans mon journal (et dans les autres parfois), parfait miroir de la société en général, que dans la petite tête de ses hiérarques aux abois, ou dans la mienne, grosse de tant de rage et d’humanisme mêlés, exaspérée par leur lâcheté et leur manque d’idées, parfois surprise par leur intuition de fauve ou de serpent.
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