Journaliste : les exaspérants travers du métier

Certains travers de mes confrères ou consoeurs journalistes – notamment dans l’audiovisuel – m’exaspèrent. A peine reçoivent-il un invité, politique a fortiori, que leur Laurence Ferrariseule et unique obsession semble être, non pas de comprendre ce qu’il pense ou propose, mais de le mettre dès que possible en opposition avec tel ou tel autre responsable ou parti, ou tel ou tel concurrent – avéré ou supposé – de son propre camp, de dégotter urgemment un sujet de mésentente ou de bisbille, etc. Un peu, ok… Mais à ce point-là, ça devient ridicule et même : pitoyable. Car cela ne relève plus du tout du débat démocratique que le journalisme doit alimenter ou susciter, mais de l’obsession de la petite phrase et du seul souci d’alimenter les jeux du cirque, dont le ou la journaliste en question ne sont que les animateurs zélés.

Ainsi ce dimanche matin sur Europe 1, où l’invité du « Grand rendez-vous » était Xavier Bertrand, ancien Sarkozy boy en rupture de LR/UMP et actuellement président de la région Hauts de France, interrogé par Laurence Ferrari de CNews et Nicolas Barré des Echos. Ferrari n’a eu deXavier Bertrand cesse, de façon plus ou moins insidieuse, chaussée le plus souvent de gros sabots, que de le pousser à critiquer le gouvernement (qu’à la différence des énervés de LR il est supposé considérer avec une certaine modération) au lendemain de l’attentat au poignard près de l’Opéra, puis critiquer Macron sur tel ou tel aspect de sa politique, etc. A ce point-là, ça en devenait consternant. Elle y revenait constamment, titillant le bonhomme dans le seul et unique but de l’anti-macroniser, de l’opposer frontalement au pouvoir en place, et semble-t-il jamais pour aborder le fond des choses. Le Bertrand, gros malin que personnellement j’apprécie peu, mais qui comparativement à Wauquiez ou autres droitiers caricaturaux semble Jésus descendu sur terre et démocrate bon teint, s’en est très bien tiré, évitant chaque fois les gros pièges de Laulau, et répondant avec mesure. Faisant même des propositions de bon sens, bien étayées et plutôt intéressante, mais qui manifestement n’intéressaient pas la Ferrari, dont le moteur ne vrombissait que pour suciter les mesquines querelles habituelles. Lire la suite « Journaliste : les exaspérants travers du métier »

Publicités

Comme on nous parle!

Pour Le Moigazine, from Fotolia
Journalisme : une hiérarchie méprisante

T’as vu comme on nous parle? chantait Souchon dans Foule sentimentale
Eh bien, ça n’a pas changé. A empiré, même.
Dans un contexte de crise des médias, la hiérarchie se lâche maintenant totalement, laissant libre cours à ses penchants féodaux.
Au mépris de toute convention ou législation, je n’ose même pas parler de correction, les pigistes – réguliers ou pas – sont ouvertement traités comme de la piétaille, de plus en plus corvéables et interchangeables à merci, « … et si t’es pas content tu vas voir ailleurs !« .
On n’est ni prévenus, ni même briefés correctement après coup sur les changements intervenant souvent brutalement dans les propres pages ou rubriques que l’on traite habituellement, nous trouvant du jour au lendemain amputés d’une ou deux pages sans la moindre explication, au profit d’un(e) autre pigiste tout content de débarquer dans les colonnes et sans le moindre état d’âme déontologique – la chère hiérarchie mettant impitoyablement en concurrence sauvage des gens qui ont en bonne partie les mêmes intérêts, mais les divisant pour mieux régner sur leurs futurs cadavres et celui du journal.
Amen.

Jeunes médias pour journalistes aguerris : la crème de la crème

Lorsqu’on imagine les médias nés des opportunités qu’offre Internet, on songe généralement à des objets jeunes, sexy, légers… Les publications dont nous parlons aujourd’hui sont jeunes, mais elles sont portées par des journalistes aguerris, retraités pour certains. Toutes font le pari d’une qualité extrême, privilégiant la recherche, l’expertise académique, aux méthodes journalistiques traditionnelles. Nos invités sont…

via Entre journalisme et recherche: l’émergence de médias intermédiaires — Atelier des médias

Note de frais ? Tu rigoles ?

poches_vides_okInterviewer une star de la culture et des médias, en tant que pigiste certes capé – mais surpressurisé et sous-payé – et s’inquiéter du remboursement des frais. Car à cet endroit – un palace de l’avenue George V choisi par la star en question comme lieu de rendez-vous – un ou deux verres peuvent te mettre sur la paille (pratique pour les boire)… Et savoir que si notre star veut autre chose qu’un soda, c’est la plonge assurée pour moi si le journal pinaille…
Réponse du rédacteur en chef de ce journal qui a pourtant pignon doré sur rue : ‘Non, tu te débrouilles. Pas de note de frais. Tu fais au mieux‘.  Traduction : tu te fais inviter, ou tu raques de ta poche.
Bref : l’humiliation ou la ruine.
J’ai choisi d’éviter l’humiliation. Coût : 50 euros (deux cocktails).
De ma poche – ça n’a pas fait un pli.
Les oligarques souriants de la rédac’ vont sûrement me faire payer bientôt une cote-part de leurs propres gueuletons dans des restaus étoilés, là où se terminent habituellement leurs « séminaires stratégiques de réoriention ». Je lis ça sur leurs visages, je vois déjà leurs lèvres sèches s’entrouvrir pour me le demander…